Lorsque les vacances d'été s'invitent dans le débat politique...

La Groko ou coalition fédérale est sur le point d'exploser, les partis traditionnels n'arrivent pas à se réinventer et à regagner la confiance des électeurs, l'industrie allemande est grippée et les voyants économiques sont au rouge... bref, rien ne va plus au royaume de Germanie en cette fin d'année 2019!

Et pourtant, le vrai sujet du moment est bien loin de toutes ces préoccupations politico-économiques et beaucoup plus terre-à-terre. En cette période de morosité ambiante - Glühwein, Weihnachtsmärkte et décorations de Noël limitant heureusement les effets secondaires - nous voici à parler de Sommerferien, de vacances d'été au bord des Mers du Nord ou Baltique ou encore de randonnées dans les Alpes bavaroises. Le seul hic, c'est que c'est un sujet qui fâche, fait dire des  sottises à nos hommes politiques et trouve un écho ou plus précisément une interprétation très différente en fonction du lieu de vie de chacun. 


Kurz gefasst...

Als Hamburgerin mit französischen Wurzeln beobachte ich sehr gerne das politische Geschehen, die Interaktionen zwischen Bund und Ländern und vor allem die regionalen Empfindlichkeiten meiner Adoptivheimat. Die aktuellen Streitigkeiten zum Thema "Sommerferien" lassen mich schmunzeln und genau dies wollte ich in dieser Kolumne wiedergeben: wie wichtig der "Biorythmus" in Bayern ist, wo das rollierende System herkommt und warum manche Länder (darunter Hamburg und Berlin) die bestehende Regelung in Frage stellen und nicht mehr hinnehmen wollen, dass Deutschland vom 20. Juni bis 15. September in Ferienstimmung sei. Als Französin in Hamburg kann ich dies nur zustimmen, jedoch aus einem völlig anderen Grund: in meinen Augen ist der  August definitiv ein Ferienmonat und ich kann mich immer noch nicht daran gewöhnen, dass in manchen Jahren meine Kinder bereits am 8. August wieder auf der Schulbank sitzen...
Wann die Länder sich einigen bleibt offen, über das "Ob" mache ich mir weniger sorgen: meine deutschen Jahre haben mich gelehrt, dass immer ein Kompromiss gefunden wird. Es wird sicherlich  gestritten, laut diskutiert, vielleicht sogar (mit Austritt aus der Diskussion) gedroht aber im Lande des Pragmatismus einigen sich schließlich alle. Und genau das finde ich gerade jetzt beruhigend.



"Nos vacances d'été sont adaptées à notre rythme biologique et nous n'avons pas l'intention de changer quoi que ce soit à cela"... les paroles de Markus Söder, Président du Land de Bavière ont mis le feu aux poudres - même si le feu couvait depuis un bon moment - et n'ont pas du tout été appréciées par les Länder du Nord, dont Hambourg en particulier. 
Il faut savoir que depuis les années 60, les vacances d'été sont fixées entre les différents Länder - à l'exception de la Bavière et du Bade-Wurtemberg qui prennent  toujours leurs congés à partir de mi-août jusqu'à mi-septembre  - selon un système de rotation. Système qui arrive aujourd'hui en bout de souffle et est remis en question au sein de la Kultusministerkonferenz, la Conférence permanentes des Ministres régionaux en charge notamment de l'éducation. Et oui, l'éducation n'est pas une compétence fédérale ou nationale comme dans notre Hexagone, mais bien régionale et à l'échelle des Länder. Cela signifie donc - en théorie car les Länder s'efforcent aujourd'hui d'harmoniser leurs systèmes - 16 constitutions régionales, 16 systèmes d'éducation et, vous l'aurez compris, 16 dates de vacances scolaires pendant l'été.

L'idée de départ était d'éviter les embouteillages et une possible pénurie de lieux de villégiature en montagne ou en bord de mer. Quelques décennies plus tard, les embouteillages font partie intégrantes des départs en vacances (vive l'autoroute A7 le vendredi soir ou le samedi lorsque des hordes de familles partent à l'assaut des plages du Danemark !) et surtout les vacances d'été s'étalent sur plus de 80 jours, en gros entre le 20 juin et le 15 septembre. Un vrai casse-tête si vous déménagez du Sud vers le Nord en famille ou pour certains examens à caractère fédéral. 



Le planning est aujourd'hui établi jusqu'en 2024 et certains Länder (en particulier Hambourg et Berlin) ont exprimé le souhait de repenser tout le système, que les traditionnelles 6 semaines de vacances d'été ne débutent pas avant le 1er juillet et surtout que tous les Länder sans exception fassent un effort pour le bien collectif du pays tout entier... L'interprétation du "bien collectif" n'est évidemment pas la même selon les régions: la Bavière et le Bade-Wurtemberg ont apporté une fin de non-recevoir, le Schleswig-Holstein et le Mecklenburg-Vorpommern (les deux Länder côtiers) craignent eux un manque de recettes en cas de saison estivale rétrécie et le sénateur hambourgeois de l'éducation en est venu à souhaiter beaucoup de plaisir aux Bavarois lorsqu'ils seront dans les même embouteillages que les Hambourgeois en route vers le Sud; les syndicats de l'éducation se sont également joints à cette cacophonie générale  et sont entrés dans le bal des petites phrases en tirant un parallèle avec la vie en classe et les compromis indispensables pour que les élèves apprennent à vivre en communauté...

En cette fin d'année, les positions sont figées et en réalité, ce qui apparaît comme une thématique dérisoire dans un monde mal en point, est peut-être tout simplement le reflet d'un système fédéral qui s'essouffle et d'un pays qui peine à se transformer. Fort heureusement mes décennies germaniques m'ont également appris que je vis au pays du pragmatisme et des compromis et je reste persuadée que les différents partenaires finiront pas se mettre d'accord sur une solution, peut-être pas parfaite mais qui ne laissera personne sur le carreau des vacances d'été!

monhambourg, 3 décembre 2019

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