There is a bee on the roof... sur les toits de Hambourg I auf den Dächern Hamburgs

Implanter des ruches sur les toits de notre Hansestadt, lutter ainsi contre la disparition des abeilles et l'effondrement de la production de miel tout en s'investissant dans un projet local, tel est le pari lancé par une bande de cinq amis frenchies installés depuis quelques années à Hambourg: Leur projet "There is a bee on the roof" a vu le jour en début d'année et en ce mois d'août, les "happyculteurs" viennent de mettre leur toute première production en pots.

Merci à Benjamin, Jean-Baptiste, Paul, Thomas et Sebastian d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.


⟦ Kurzfassung in deutscher Sprache⟧

Fünf in Hamburg verankerte französische Freunde haben sich als ehrgeiziges Ziel gesetzt, auf die Dächer ihrer Adoptivstadt Bienenstöcke anzusiedeln und damit ein Zeichen gegen das Bienensterben und  den Einbruch der Honigproduktion zu setzen. Seit Jahresanfang sind die jungen Imker mit ihrer eigens ins Leben gerufenen Initiative "There is a bee on the roof" aktiv und vor einigen Wochen haben sie mit großer Freude den ersten Honig geerntet.

Vielen Dank an Benjamin, Jean-Baptiste, Paul, Thomas et Sebastian für das Interview.

Les abeilles font la une des média; les apiculteurs et les associations écologiques ne cessent de nous alerter. S'agit-il d'un hype médiatique ou y a-t-il vraiment lieu de s'inquiéter ? 
Les cris d'alarme lancés reflètent la réalité de la situation: les abeilles sont tout simplement menacées de disparition. Le constat n'est pas qu'européen, il est mondial et il porte même un nom officiel: Colony Collapse Disorder (CDD) ou effondrement des colonies d'abeilles. Entre 25 et 40 % des colonies d'abeilles disparaissent chaque année en Europe, victimes de pesticides, pollutions, d'infections parasitaires, etc. Au-delà de cet aspect purement écologique, c'est aussi un enjeu économique majeur: l'impact du travail de pollinisation des ouvrières butineuses est estimé à 153 milliards de dollars à l'échelle mondiale et leur disparition met près de 30 % de la production mondiale de nourriture en danger. Les abeilles sont précieuses pour notre agriculture. Sans elles, plus de 130 types de récoltes seraient menacées. Le scénario catastrophe brandi par les associations est donc à prendre très au sérieux.

C'est donc l'aspect écologique qui est à l'origine de votre projet ?

En partie oui. Nous vivons tous depuis plusieurs années à Hambourg, y sommes bien intégrés professionnellement et nous apprécions la vie ici. Nous souhaitions réaliser un projet local et apporter une contribution éco-responsable à notre ville d'adoption. Si nous avons choisi l'abeille et son miel pour cheval de bataille, c'est aussi parce que le résultat qui en découle est très concret. Le projet tourne autour de trois axes: initiative locale - biodiversité - goût !

"There ist a bee on the roof", une initiative ou une start-up ?

Nous nous définissons comme des entrepreneurs sociaux et fonctionnons en mode start-up: une gestion suivie du projet, un apport financier (personnel pour le moment), une démarche marketing autour de notre produit et bien entendu l'envie de commercialiser notre production de miel. Egalement très important pour nous: de la production au circuit de distribution, nous faisons dans le local (y compris la livraison du miel à bicyclette!). Notre objectif n'est toutefois pas de gagner suffisamment d'argent pour en vivre mais plutôt de pouvoir racheter d'autres ruches avec le produit de la vente. Nous avons fait une "formation" auprès d'un apiculteur en France et faisons partie d'une association d'apiculteurs hambourgeois, une démarche bien entendu indispensable pour la réalisation du projet.

Les abeilles font un retour en force en ville et les ruches sont de plus en plus nombreuses à occuper toits publics ou privés. Pourquoi cet engouement?

Le miel des villes n'est pas une mode mais une vraie réponse, certes modeste, au fléau qui décime les abeilles. La qualité de ce miel urbain est excellente, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer. A la campagne, les abeilles sont victimes des produits phytosanitaires, de la monoculture tandis qu'en ville, elles supportent très bien la pollution urbaine et elles s'offrent des parcs, des jardins ou même des balcons qui regorgent de nombreuses variétés de fleurs. Des espaces qui sont pratiquement tous sans pesticide et qui offrent aussi une floraison plus longue qu'à la campagne. Le miel urbain est ainsi paré de toutes les vertus gustatives sans oublier l'aspect santé ! Hambourg est un vrai paradis pour les abeilles.

Quel accueil avez-vous rencontré?

There is a bee on the roof a été très bien accueilli. Nous avons pris notre bâton de pèlerin et entamé du porte-à-porte dans le quartier de Eimsbüttel. Si refus, c'est parce qu'il s'agissait d'immeubles en co-propriétés (donc de processus décisionnels compliqués) ou de toits déjà loués à Deutsche Telekom. Nous avons aujourd'hui deux ruches, l'une dans le Hamburg Haus, le centre culturel de Hambourg et l'autre sur le toit du Burger Kultour dans la Eimsbüttler Chaussee.

Quelles sont les étapes suivantes ?

Les dernières semaines ont été particulièrement fortes en émotions pour les "petits nouveaux" que nous sommes puisque, pour la première fois, nous avons suivi tout le processus de production pour notre miel: la récolte, l'extraction, le filtrage, la maturation et enfin, étape ultime, le conditionnement. Nous sommes très fiers du résultat! Nous allons maintenant écouler notre production mais aussi penser à la suite. Notre souhait est de trouver de nouveaux toits pour accueillir des ruches et pour ce faire (mais aussi pour partager notre belle aventure), nous organisons un après-midi d'information et "tasting" le 23 septembre dans le Schanzenviertel (informations à suivre sur monhambourg natürlich)

 

monhambourg, 4 août 2017

Crédit photos: © Oliver Vonberg


N'hésitez pas à prendre contact avec There is a Bee on the Roof si vous avez un toit à offrir à leurs abeilles ou si vous souhaitez acheter du miel !

Contact: webmaster@thereisabeeontheroof.de

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