Portrait: Thomas alias DJ St Tonaire

Ce nouveau portrait donne la parole à un des acteurs du petit monde franco-allemand de Hambourg...même s'il est lui-même bien trop modeste pour l'avouer ! Thomas alias DJ St Tonaire préfère en effet s'installer derrière sa console plutôt que de se retrouver sous les feux des projecteurs.

Dieser deutsch-französischer Schnack dreht sich einmal wieder um einen Menschen, der die deutsch-französische Szene in Hamburg aktiv mitstreitet...auch wenn er es nie zugeben würde! Thomas alias DJ St Tonaire steht nämlich viel lieber hinter dem Pult als im Rampenlicht.


Deutsche Version nach dem französischen Text


D'où te vient cette passion pour la musique française?

Assez tôt dans mon éducation musicale! Dans les années 90, j'ai beaucoup aimé MC Solaar et son rap aux influences jazzesques; quelques années plus tard j'ai découvert le rock-pop des années 60 grâce aux samplers de atomic café et puis j'ai littéralement trébuché sur Serge Gainsbourg. Je me souviens encore de ma réaction devant "La Javanaise", dans le cadre d'une émission radio qui lui était consacré. Je ne comprenais rien au texte mais étais en admiration totale. En l'espace de quelques mois, j'ai pu acheter tous ses CDs, alors qu'ils ressortaient sur le marché allemand avec en sus une traduction des textes. C'était aussi l'époque des premières publications de "le tour", une collection conçue pour le marché allemand et présentant la nouvelle scène musicale française. J'ai commencé à écouter certaines émissions radios, à surfer sur internet pour en savoir plus sur les différents artistes. J'étais fasciné par l'émergence de ces nouveaux mouvements musicaux, par cette langue française qui se parait de musique pop, par cette musique qui se gorgeait de multiples influences multiculturelles. J'ai alors réalisé à quel point la musique pouvait refléter la culture d'un pays.

Et comme à mon sens, il ne se passait plus vraiment rien d'innovant aux USA ou en Angleterre depuis le milieu des années 90, j'avais là un nouveau point de départ musical...
En Allemagne il n'y a malheureusement pas d'équivalent à la "Chanson" 
française. Elle se retrouve peut-être  parmi les "chansonniers allemands" (deutsche Liedermarcher) mais ceux-ci n'ont ni diversité ni longue tradition comme en France, où les chansons sont plus textuelles et musicalement parlant plus intensives et intéressantes.

De cette passion, tu as fait un hobby presque un métier ? Comment es tu devenu DJ francophile à Hambourg?

Je mixais déjà de temps à autre lorsque j'habitais encore à Marburg, ma ville natale, mais bien sûr pas encore en français. C'est à Hambourg que l'on m'a proposé de le faire dans un bar. J'ai accepté mais à condition que ce soit uniquement de la musique française. L'écho de la soirée a été très positif et c'est ainsi que Vive la Fête est né. J'ai continué à mixer, par exemple au Imoto, au Hafenbahnhof, au Landgang, dans le cadre du club arabesques ou encore sur la barcasse Frau Hedi (nda: embarcation typique du port de Hambourg). Cela fait maintenant déjà 10 ans que je fais cela et jamais je n'aurais pensé que cela marche si bien et si longtemps.


Photo: ©Nathalie L. Brochard
Photo: ©Nathalie L. Brochard

Comment arrives tu à enthousiasmer un public qui ne connait parfois absolument rien à la musique  française ?
Il y a encore pas mal de réticences, de préjugés ou même d'ignorance vis-à-vis de la musique française. Certaines personnes pensent seulement à Piaf ou Brel, ignorent que par exemple Daft Punk ou encore Phoenix viennent de ce pays et se demandent évidemment comment une discothèque française peut fonctionner avec de la "Chanson".
Cela me rappelle ma discussion, il y a quelques années, avec une personne qui souhaitait que je passe un artiste américain. Lorsque j'ai répondu qu'il y avait uniquement de la musique française au programme, il s'est exclamé "seulement en français ? mais c'est comme si je devais manger de la soupe de pois cassés (nda: culturellement parlant, plutôt de la soupe aux choux) chaque jour"... au final, cet homme a fini par danser sur cette musique un peu plus tard au cours de la soirée...

Mon objectif principal est d'amener le public à danser sur de la musique connue et appréciée, mais aussi sur des chansons que même les Français de Hambourg ne connaissent pas.
Je regrette cependant qu'aujourd'hui la plupart des nouveaux groupes choisissent l'anglais au détriment du français; à mon sens, la musique perd de son charme, ce qui faisait justement sa particularité et la différenciait de cette anglicisation musicale.

...ce qui nous conduit à ton nouveau terrain de prédilection...

Oui, c'est exact. La musique française n'est plus aussi palpitante que dans les années 1990-2000, même si il y a encore de jolies nouveautés. J'ai donc commencé à m'intéresser à ses différentes influences et je suis tombé sur la musique des Caraïbes. Il y a trois ans, lorsque j'ai écouté "Haiti direct!", cela a été une sacré découverte et depuis, je suis un grand fan des musiques de Haiti, Guadeloupe, Martinique ou encore St Lucie, entre les années 60 et le milieu des années 80. Chacune de ces île a sa propre musique, ses propres influences, tout en étant fortement liées les unes aux autres.

Une passion pas toujours facile à assouvir en Allemagne, cette musique étant pratiquement inconnue ici et du coup difficile à trouver dans le commerce. Ce qui s'explique aussi par le fait qu'il y ait peu de CDs à sortir et presque pas d'éditions vinyl.  Ma collection personnelle prend cependant petit à petit forme et c'est ce qui m'a permis ces deux dernières années d'organiser plusieurs soirées "french caribbean club".  Je souhaite poursuivre sur cette lancée.

Thomas, tu te débrouilles comment en français?

malheureusement plutôt mal ! mes quelques cours de base en français me permettent aujourd'hui de pouvoir relativement bien lire les textes de chansons et aussi de les comprendre un peu.

Penses tu que Hambourg a un certain "flair" français?

 Honnêtement, et je le regrette, je ne trouve pas qu'il y ait un "flair" français à Hambourg. Ce n'est bien sûr pas le cas de toutes les fêtes françaises organisées ici.  Ce qui rend le travail de rapprochement franco-allemand mené par arabesques, surtout dans le cadre du festival annuel, d'autant plus important.

Plutôt Franzbrötchen ou Croissant ? 
Croissant bien sûr!

Et pour finir... ton endroit préféré à Hambourg?

 Ottensen, le stade Millerntor (St Pauli) et aussi l'Elbe et le Jenischpark. 


Photo: © Nathalie L. Brochard
Photo: © Nathalie L. Brochard

Wie ist diese Leidenschaft für die französische Musik entstanden?

Relativ früh! Anfang der 90er fand ich MC Solaar und seinen französischen Hip-Hop mit jazzigen Einflüssen besonders cool, einige Jahre später habe ich über die Sampler von atomic café französische Beat- und Popsongs der 60er Jahre entdeckt und dann bin ich buchstäblich über Serge Gainsbourg "gestolpert".

Durch Zufall hatte ich eine Radiosendung über ihn entdeckt und ich erinnere mich noch ganz genau, wie mich "La Javanaise" komplett mitgerissen hat, obwohl ich kein Wort verstehen konnte. Der Song war (ist) einfach großartig! Innerhalb weniger Monate danach kaufte ich mir dann alle seine CDs, welche gerade zu der Zeit inkl. einer deutschen Übersetzung seiner Texte neu erschienen waren. Parallel hierzu erschienen auch die ersten Ausgaben der deutschen Compilation-Reihe "le pop" und "le Tour", welche einen sehr interessanten Einblick in die Entwicklung der neuen französischen Musikszene seit Anfang der 90er Jahre präsentierten. Daneben fing ich an mir spezielle Radiosendungen anzuhören sowie im Internet zu recherchieren und war vollständig von diesen neuen musikalischen Trends fasziniert: das Verwenden der französischen Sprache in Verbindung mit populärer Musik in all seinen Stilrichtungen und dazu noch die vielfältigen multikulturellen Einflüsse. Mir wurde damals schon klar, wie sehr die Musik die Kultur eines Landes widerspiegeln kann.  Und da meiner Meinung nach spätestens seit Mitte der 90er Jahre weder in England noch in Amerika besonders innovative Dinge in der Musikwelt passiert sind, war dies endlich wieder einmal ein spannender, neuer Ansatz.
In Deutschland gibt es leider kein entsprechendes Pendant in der Tradition des französischen "Chanson". Ein wenig vielleicht die sogenannten "deutschen Liedermacher", aber dies hat nicht eine solch lange Geschichte und Vielfältigkeit wie in Frankreich, wo die Chansons im gesamten textlich wie auch musikalisch einfach irgendwie intensiver und interessanter sind.

Diese Leidenschaft hat sich in ein Hobby verwandelt, fast in einem Beruf. Wie ist bist Du frankophiler DJ in Hamburg geworden?

Ich hatte früher bereits in meiner Heimatstadt Marburg vereinzelt aufgelegt, aber zu der Zeit natürlich noch nichts französisches. Als ich dann in Hamburg wohnte wurde ich gefragt, ob ich nicht in einer Kneipe auflegen könnte. Ich habe dem zugestimmt, aber nur unter der Bedingung, dass ich die Abende ausschließlich mit französischer Musik gestalten darf. Das kam gut an und somit war Vive la Fête geboren! Ich habe dies dann auf immer mehr verschiedene Locations erweitert, wie z.B. im Imoto, Hafenbahnhof, Landgang, Club arabesques und auch bereits seit einigen Jahren regelmäßig auf der Barkasse Frau Hedi.

So mache ich dies nun schon seit 10 Jahren und hätte zu Beginn nicht gedacht, dass es so lange und auch so erfolgreich sein wird.

Wie schaffst du es Menschen zu begeistern, die null Berührungspunkte mit der französischen Musik haben?
Es ist leider so, dass es noch immer eine Menge Vorbehalte, Vorurteile und auch Ignoranz der französischen Musik gegenüber gibt, denn manche Menschen verbinden dann in erster Linie nur das traditionnelle Chanson z.B. von Piaf oder Brel, wissen nicht, dass z.B. auch Daft Punk oder Phoenix aus Frankreich kommen und fragen sich, wie eine discothèque française denn mit Chansons funktionieren soll.

Ich erinnere mich da an eine Begebenheit vor ein paar Jahren, als sich ein Gast irgendein Lied von einem amerikanischen Künstler wünschte. Als ich ihm sagte, dass an dem Abend nur frankophile Musik auf dem Programm steht, entgegnete er mit mir erstauntem Bedauern "nur französisch??? Das ist ja so, als würde man jeden Tag nur Erbsensuppe essen"... Aber zu meinem Erstaunen hat dann auch dieser Mann später zu genau dieser Musik getanzt...

Mein primäres Ziel ist es, das Publikum zum tanzen zu bringen, mit Songs, die sie kennen und mögen und zum anderen auch mit Songs, die oftmals sogar den Franzosen in Hamburg nicht bekannt sind. In letzter Zeit bedauere ich jedoch, dass immer mehr Newcomerbands wieder lieber auf englisch als auf französisch singen. Somit verliert die Musik teilweise an Charme, etwas von dem Besonderem, welches sie von der übrigen anglizistischen Musik abhebt.


Photo: © Nathalie L. Brochard
Photo: © Nathalie L. Brochard

...was uns zu Deinen neuen Vorlieben führt...

Ja, es stimmt. In der französischen Musikszene passieren derzeit meiner Meinung nach nicht mehr ganz so viele spannende Dinge wie noch in den 90er-2000er Jahren, wobei es natürlich auch weiterhin noch tolle neue Veröffentlichungen gibt. So habe ich begonnen mich noch mehr für ihre unterschiedlichen kulturellen, weltmusikalischen Einflüsse zu interessieren und bin dabei auf die Musik der französischen Karibik gestossen. Und wieder einmal gab es diesen Aha-Effekt: Als ich vor ca. 3 Jahren den Sampler "Haiti direct!" hörte, war ich hin und weg und bin dann immer mehr die musikalische Welt von Haiti, Guadeloupe, Martinique, St Lucie, usw. gerade aus den 60's bis Mitte 80's eingetaucht. Jede dieser Inseln hat ihre eigene Musik, ihre eigenen Einflüsse, sind aber gleichzeitig auch stark miteinander verbunden. Es ist eine Musik voller Dynamik, Rhythmus und unglaublicher Spielfreude.

Leider ist es aber schwer an diese Musik heranzukommen, weil sie in Deutschland mehr oder weniger unbekannt und dementsprechend wenig bis kaum im Handel zu finden ist. Was aber auch daran liegt, dass es nur wenige Veröffentlichungen auf CD und teilweise nur geringe Original-Auflagen auf Vinyl gibt.

Meine persönliche Sammlung wächst jedoch stetig weiter und so habe ich in den letzten beiden Jahren auch schon einige Male einen "french caribbean club" organisiert. Und mein Ziel für die nächste Zeit ist auch, dies noch ein wenig mehr auszubauen und zu etablieren.

Thomas, wie gut kannst Du französisch?

Leider nur sehr wenig. Ich würde sagen, dass ich aufgrund einiger Französischkurse ein Basiswissen besitze, was immerhin dafür ausreicht, die Texte von Liedern inzwischen ganz gut zu lesen und auch einigermassen verstehen zu können.

Hat Hamburg für Dich französisches Flair ?

 Ehrlich gesagt, kann ich in Hamburg bedauerlicherweise kaum französisches Flair wiederfinden, bei den französischen Partys hingegen schon. Ich finde von daher auch gerade die kulturpolitische Arbeit von arabesques - insbesondere im Rahmen des alljährlichen Festivals - sehr gut und wichtig, da hier viel für die deutsch-französische Verständigung und Aufklärung getan wird.

Eher Franzbrötchen oder Croissant ?

unbedingt croissant

Zum Schluss... Deine Lieblingsecke in Hamburg?

Ottensen, das Millerntorstadion und daneben auch sehr gerne die Elbe und der Jenischpark

 monhambourg, 30 novembre 2016