Mais qui sont donc les Quiddjes de Hambourg ?

 

Après vous avoir présenté nos héros gaulois, Astérix et Obélix, en train de hamburgisch schnacken, de "causer" le hambourgeois, MonHambourg poursuit son exploration des richesses linguistiques de notre Hansestadt et se penche cette semaine sur un mot qui sonne particulièrement compliqué pour des oreilles, au moins françaises: Quiddje...


Si l'on s'en tient à la définition du Kleines Lexikon Hamburger Begriffe, Quiddje est à l'origine une dénomination usitée pour les voyageurs qui arrivaient "d'ailleurs" et qui s'exprimaient dans un dialect sonnant très étrange aux oreilles des Hambourgeois, plutôt habitués au Plattdeutsch du Nord de l'Allemagne. Quant à l'origine lexicale, elle est plus ou moins inconnue. Une explication couramment avancée se rapporte à la taxe acquittée par les étrangers à leur arrivée aux portes de la villes et pour laquelle ils recevaient une Quittung, un reçu...

 

Au fil des siècles, le terme a pris une connotation mi-ironique, légèrement narquoise et désigne tout Fremde, tout nouvel arrivant à Hambourg... un étranger non natif de Hambourg et qui ne deviendra jamais un vrai Hanseat.

Tous ceux qui ont jeté l'ancre à Hambourg le savent pertinemment: il y a différentes catégories de Hambourgeois, les "vrais"...et les autres!

Les Hanseaten sont plutôt à classer dans la catégorie des vrais hambourgeois; leurs familles sont hanséatiques depuis de nombreuses générations et leurs ancêtres, commerçants, banquiers, armateurs ou capitaines, ont contribué au développement et à la richesse de la métropole. C'est en quelque sorte la noblesse de Hambourg, sans titre mais avec un certain pouvoir politique et d'influence. Un vrai Hanseat a d'ailleurs ses principes et refuse par exemple ordres et médailles, à l'exemple de Helmut Schmidt, ancien chancelier qui n'a pas jamais accepté la Bundesverdienstkreuz, la plus haute distinction allemande.

Il existe même un "Verein geborener Hamburger", une association des natifs de Hambourg, créé en 1897 et qui s'était fixée pour objectif de protéger la culture locale contre les influences extérieures, à une époque où le développement fulgurant du port de Hambourg était synonyme d'une arrivée massive de nouveaux habitants! Un club très fermé qui ne compte aujourd'hui plus que 600 membres (30 000 dans les années 1950!) et qui un jour peut-être finira par s'ouvrir aux Quiddjes...

car au final, ce sont bien les interactions entre Hanseaten et Quiddjes qui contribuent à la richesse culturelle et économique et à ce que notre Hansestadt mérite le titre de Tor zur Welt, porte ouverte sur le monde!

 

MonHambourg, 9 avril 2013

 

A (re)lire: Asterix et Obélix schnacken hamburgisch, causent le hambourgeois.