Plus qu'un simple Tschüss... Mehr als ein Au Revoir...


Deutsche Fassung nach dem französischen Text


Aujourd'hui mon coeur bat à la fois pour ma ville et mon pays d'adoption mais aussi pour mes racines natales.

Depuis que j'ai jeté l'ancre à Hambourg, je navigue entre deux cultures et communautés, celle de mon environnement allemand et hambourgeois mais aussi celle des "Frenchies in Hamburg", des expatriés, voyageurs ou sauteurs de frontières (merci Erasmus et l'Europe !) qui ont fait le choix de s'hambourgeoiser à court, moyen ou long terme. 

Cette communauté française et francophone m'est très chère, car elle me permet de garder un lien étroit avec ma langue, ma culture et mon hexagone natal, de ne pas avoir à dissimuler mon ADN (bon, à vrai dire, inutile de me cacher, il suffit que j'ouvre la bouche pour que mon interlocuteur s'imagine à Paris !!) et de partager avec des personnes qui ont les même codes, réflexes ou plaisirs (inter)culturels des moments très forts,  très cocoricos ou bleu blanc rouge comme les Coupes du Monde ou d'Europe de football (je n'y comprends toujours rien aux règles footballistiques mais je ressors fièrement mon tricot tous les 2 ou 4 ans !), les soirées 14 juillet ou encore "La Discothèque Française" (et oui, nous sautons littéralement sur la piste de danse dès les premières notes de "Alexandrie, Alexandra" ou "Alors on danse"). Nous puisons aussi beaucoup de courage et de consolation lorsque nous nous retrouvons autour de crises ou de drames qui secouent la France. Oui, c'est dur de ne pas être dans notre autre "chez nous" lorsque des terroristes tuent des innocents et s'attaquent à ce que nous avons de plus cher. Et cela fait du bien de se retrouver avec des âmes soeurs qui éprouvent les même sentiments et chagrins. 

Mais qui dit rencontres et amitiés communautaires pense également retours, départs et adieux.

En 15 années hambourgeoises, j'ai aussi appris à dire Tschüss et Au Revoir et le serrement au coeur ne diminue nullement au fil des ans. D'autant qu'il s'accompagne souvent du regret de ne pas avoir pu consacrer plus de temps à de ces belles amitiés, le tourbillon de nos vies professionnelles et familiales respectives jouant souvent le rôle de trouble-fête. Je ne compte plus le nombre de "Abschiedsfeier", de fêtes de départ et dans ces moments-là je ferais presque mienne la parole de Alphonse Allais "Partir, c'est un peu mourir" ... laisser partir, aussi! Difficile de faire un petit bout de chemin de vie avec celles et ceux qui deviennent nos ami(e)s, qui partagent notre quotidien et brusquement de les voir cocher la case retour ou nouveau saute-frontière. 

Un petit air de bonjour tristesse renforcé par cette interrogation latente dans notre esprit ou même clairement posée par notre entourage: "et toi, tu restes encore combien de temps à Hambourg  ?",  "tu vas aussi rentrer un jour?", "c'est où ton chez toi en fait ?"... et, en l'espace d'une seconde, le serrement se transforme en gros grincement de coeur car c'est exactement là que le bât blesse. Herta Müller (écrivaine allemande  et prix Nobel de Littérature) a raison de dire que la "Heimat", les racines natales, sont pour celles et ceux qui en ont une question d'interprétation et pour ceux qui n'en ont plus une question de nécessité; je rajouterais que celles et ceux dont le coeur bat pour deux "Heimat" vivent au jour le jour avec à la fois cette interprétation et cette nécessité: interprétation et luxe de pouvoir tirer le meilleur de chacune de nos cultures et de profiter d'un regard et d'un horizon particulièrement riches car élargis mais aussi nécessité de trouver ou plutôt de réinventer constamment son propre soi pour ne pas finir dans un espèce de no man's land interculturel. Un tour de passe émotionnel que beaucoup d'entre nous s'efforcent de maîtriser au fil des ans mais  à chaque départ et Tschüss, il ne manque de se rappeler à nous et de taquiner nos choix!

Heureusement, dire Tschüss et Au Revoir, c'est aussi dire Merci et Danke Schön. C'est faire preuve de gratitude pour toutes ces merveilleuses rencontres et amitiés. Au-delà de la tristesse du Tschüss, je suis reconnaissante d'avoir  croisé  toutes ces personnalités, ces femmes et ces hommes d'horizons si divers et variés, aux parcours de vie impressionnants ou étonnants.  Quelle richesse là encore d'avoir pu faire un petit bout de chemin avec eux et d'avoir ainsi découvert d'autres opinions, projets ou environnements si différents du mien. Et puis en ce 21ème siècle global et digital, rien de plus facile de garder le contact. Facebook, Skype ou WhatsApp atténuent la tristesse de la séparation, nous permettent de rester en contact et surtout de continuer (au moins virtuellement) ensemble notre chemin. Et lorsque nous nous rencontrons à  Paris, Toulouse ou au fin fond de la Bretagne, c'est un peu comme si nous ne nous étions jamais séparés ! 

Alors aujourd'hui en ce début d'été, période synonyme de nombreux départs, je m'approprie tout naturellement le dicton hambourgeois:

 

"In Hamburg sagt man Tschüss, es heißt Auf Wiedersehen",

à Hambourg, on dit Tschüss, cela veut dire Au Revoir !

 



Mehr als ein Au Revoir...

Mein Herz schlägt definitiv sowohl für meine Adoptivstadt als als auch für meine französischen Wurzeln. Seitdem ich in Hamburg meinen Lebensanker geworfen habe segle ich zwischen zwei Kulturen, zwischen meinem deutschen bzw. hamburgischen Leben und meinen "Franzosen in Hamburg", einer Community aus Expatriates, Reisenden oder "Grenzenspringern" (danke Erasmus und Europa!), die sich für einen kurzen oder längeren Aufenthalt in Hamburg entschieden haben.
Diese französische und frankophone Community liegt mir sehr am Herzen, weil sie mir die große Chance gibt, im engen Kontakt mit meiner Muttersprache, meiner eigenen Kultur und meinem Geburtsland zu bleiben. In dieser Gesellschaft brauche ich nicht ständig meine DNA zu verstecken (na ja, es hilft sowieso nicht: Kaum mache ich den Mund auf und schon glaubt sich mein Ansprechpartner in Paris!). Mit Gleichgesinnten kann ich auch besondere Augenblicke und stolze trikolore Ereignisse teilen: vom Fußball verstehe ich immer noch nichts aber mein Trikot trage ich selbstverständlich alle 2 bzw. 4 Jahre immer gerne wieder! Und beim "14 juillet" oder "La Discothèque Française" wird naturellement bei den ersten Melodien von "Alexandrie, Alexandra" oder "Alors on danse" mit Schwung getanzt. Und auch wenn es Frankreich schlecht geht, hilft es, gemeinsam zu trauern und zu weinen. Besonders in schwierigen Zeiten schmerzt es, nicht "zuhause" zu sein.

Sich begegnen und innerhalb einer Community beisammen sein bedeutet aber auch, dass öfter Abschied genommen wird. In meinen hamburgischen Jahren musste ich lernen, Tschüss und Au Revoir zu sagen. Das Beklemmungsgefühl hat dabei nie wirklich abgenommen. Wie oft habe ich bedauert, nicht noch mehr Zeit in diese schönen Begegnungen und entstandenen Freundschaften investiert zu haben. In solchen Augenblicken kommen mir die Wörter von Alphonse Allais in den Kopf: "Gehen ist ein bisschen sterben" ... gehen lassen auf jedem Fall auch! Es ist nicht leicht, ein Stück Lebensweg gemeinsam zu gehen und plötzlich eine Leere zu spüren, weil die Freundin, der Kumpel, die oder der Anvertraute nicht mehr da ist.

Und dazu stellt sich fast immer die weitere Frage: "Und Du, wie lange bleibst Du noch in Hamburg ?", "Wirst Du auch eines Tages zurückgehen?", "Wo bist Du eigentlich zuhause? "... und innerhalb kurzer Zeit verwandelt sich das mulmige Gefühl im Bauch in eine schwerwiegende Betrübtheit ...  Herta Müller hat mal geschrieben: "Heimat ist für diejenigen, die eine haben, eine Sache der Interpretation und für diejenigen, die keine haben, eine Sache der Notwendigkeit". Ich stimme ihr zu, möchte aber ihre Wörter ergänzen: Wenn Dein Herz für zwei Heimat(e) schlägt, dann lebst Du Tag für Tag sowohl mit "Interpretation" also auch mit "Notwendigkeit"; Das große Glück, mit Interpretation das Beste aus jeder Heimat zu ziehen und Dich über die Grenzen hinaus (inter)kulturell und seelisch zu bereichern aber auch die Notwendigkeit, Dein "ICH" ständig von Neuem zu erfinden, um nicht in eine Art interkultureller No man's land zu enden. Du magst Dich bemühen, diese Emotionen unter Kontrolle zu halten, bei jedem Au Revoir poppen sie jedoch wieder und decken die eigenen Widersprüche auf.

Tschüss und Au Revoir sind aber glücklicherweise auch mit Merci zu verbinden, mit Dankbarkeit für alle diese wunderbaren Bekanntschaften und Freundschaften. Ich bin besonders dankbar für diese Begegnungen mit Menschen aus so vielen unterschiedlichen Horizonten und Lebensgeschichten. Welch ein Glück, mit ihnen einen Stück Lebensweg gehen zu dürfen und dadurch so viele neue Erfahrungen, Projekte oder Meinungen kennenzulernen. In diesem 21. Jahrhundert ist Tschüss sagen auch nicht mehr so schlimm; dank sozialen Netzwerken kann man auch leicht (zumindest virtuell) in Kontakt bleiben. Und wenn wir uns in Paris, Toulouse oder in der Bretagne treffen dann kommt es uns vor, als ob die letzte Begegnung erst gestern war! 

Und zum Glück machen es uns die Hamburger leichter, wenn sie gerne und bei jeder passenden Gelegenheit verkünden: 

"In Hamburg sagt man Tschüss, es heißt Auf Wiedersehen",

à Hambourg, on dit Tschüss, cela veut dire Au Revoir !

 

monhambourg, 30 juin 2019

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