Fatih Akin, de Hambourg à Hollywood...

Foto: Wikepedia
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19 ans de carrière, 21 films, 6 récompenses internationales, 45 nominations et la ville de Hambourg comme dénominateur commun de quasiment tous ses films... Fatih Akin est incontestablement l'un des enfants prodiges du cinéma allemand contemporain et chacune de ses réalisations/productions est attendue et décortiquée par la critique allemande et internationale. Son tout dernier film, "Aus dem Nichts" est sorti sur les écrans allemands en novembre dernier et après le prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes 2017 accordé à l'actrice Diane Kruger, l'héroïne du long-métrage, Fatih Akin vient de se voir remettre le trophée du meilleur film non anglophone pour "In the Fade" (titre à l'international) aux Golden Globe Awards.

Jamais deux sans trois ? Le 23 janvier, nous serons fixés sur la nomination (ou non) pour les Oscars, le film faisant partie de la sélection allemande de cette année. A noter que c'est une coproduction germano-française et qu'il sort dans les salles hexagonales le 17 janvier.

Le thriller met en scène une femme allemande, Katja (Diane Kruger, actrice germano-américaine), dont la vie bascule lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. La trame fait référence aux nombreux meurtres commis par le groupuscule néo-nazi NSU entre 2000 et 2007 en Allemagne et pour lesquels Beate Zschäpe, la seule survivante du trio meurtrier, est actuellement jugée. C'est également un chapitre peu flatteur pour les services de police et de justice et les services de renseignement allemands: les victimes avaient pour "tort" d'être étrangères, en majorité d'origine turque et la police les soupçonnaient d'être impliquées dans des affaires criminelles communautaires (drogue, mafia...)  sans imaginer que les coupables puissent venir d'une toute autre scène. Ce n'est qu'en 2011, avec le sucide de deux des membres suite à un braquage raté que la vérité éclate au grand jour. Il ressort aujourd'hui du procès et de toutes les investigations parallèles que de nombreux dysfonctionnements au sein des autorités judiciaires et policières ont contribué à retarder ou bloquer les enquêtes.


[ KURZ GEFASST ]

Fatih Akin ist diese Woche in aller Munde. Trotz zwiespältigen Kritiken in Deutschland erfreut sich sein letzter Film "Aus dem Nichts" große Beliebteit auf dem internationalen Kinoparkett. Bei der Weltpremiere in Cannes wurde der Thriller für die Goldene Palme im internationalen Wettbewerb nominiert und Diane Kruger als beste Darstellerin gewürdigt. Vor einigen Tagen ist "In the Fade" (Titel auf der internationalen Bühne) bei den Golden Globe Awards zum besten fremdsprachigen Film gekürt worden. Aller guten Dinge sind drei: der Film steht auf der Shortlist in der Kategorie Bester fremdsprachiger Film für die Oscarverleihung 2018 und am 23. Januar erfahren wir, ob er dafür nominiert wird! Auf jedem Fall profitiert die Hansestadt jetzt schon von diesem weltlichen Glanz! A propos: Der Film ist eine deutsch-französische Koproduktion und kommt am 17. Januar in die französischen Kinos.

Der aus türkischen Eltern in Hamburg-Altona großgewordene Filmregisseur (und auch Drehbuchautor, Darsteller & Produzent) gehört für mich zu den waschechten "Wahrzeichen" Hamburgs. Er identifiziert sich sehr stark mit seiner Geburtstadt und diese ist in seinen Filmen allgegenwärtig. Das von ihm in Szene gesetzte Hamburg ist jedoch nicht tripadvisorfreundlich, sondern befindet sich in Stadtteilen, Gebäuden, Klubs  abseits des Tourismus und sogar von der galoppierenden Gentrifizierung gefährdet (wenn nicht schon Opfer!). Seine bikulturelle bzw. deutsch-türkische Identität ist ihm ebenfalls sehr wichtig und kommt in vielen Filmen zum Vorschein: was bedeutet es mit zwei Heimaten in einem Herzen zu leben, wie treffen Menschen mit unterschiedlichem (Migrations)Hintergrund aufeinander, was ist eigentlich Integration?...Themen, die fast jeden zweiten Hamburger bewegen! Schließlich bin ich -als absolute Laie der Filmkunst- eine große Bewunderin seiner starken Filmsprache und seiner ganz besonderen Bildaufnahmen.  Zum Top 3 meiner Lieblings-Fatih Akin-Filmen gehören "Soul Kitchen", "Gegen die Wand" und "The Cut", drei sehr unterschiedliche Spielfilme (s. unten).


Fatih Akin est un "enfant" de Hambourg. Nés en 1973 de parents turcs, il a grandi dans le quartier de Altona et est étroitement lié à sa ville natale. Il revendique également ses racines turques et cette double culture se retrouve dans la majorité de ses films: Hambourg et Istanbul comme décor(s) de fiction, un questionnement très intime de la biculturalité et de l'intégration en général ou des relations entre personnages à la croisée entre deux cultures.

Comme beaucoup de Hambourgeois(es), je suis une grande fan de ses films: ses thématiques m'interpellent émotionnellement, ses prises de vue restituent avec grande force les sentiments des personnages et le poids de leurs émotions et enfin, j'aime beaucoup le Hambourg qu'il met en scène: à l'écart des clichés touristiques, il tourne dans clubs ou quartiers sans "hype" voire même en voie d'extinction ou disparus, car sacrifiés sur l'autel de la gentrification galopante.

La comédie dramatique "Soul Kitchen" réalisée par Fatih Akin d'après un scénario écrit conjointement avec son acteur principal Adam Bousdoukos, s'en est d'ailleurs fait l'écho, avec un tournage réalisé dans le quartier de Wilhelmsburg, sous Sternbrücke, au Mojo Club., etc.: Zinos, le patron d'un "Imbiss" est poursuivi par la malchance: non seulement son amie Nadine déménage à Shangai pour son travail mais en plus il souffre d'une hernie discale. Lorsque dans sa détresse, il embauche Shayn, un grand chef cuisinier carrément excentrique, les quelques clients fidèles qui lui restaient prennent le large. Comme si cela ne suffisait pas, son délinquant de frère (Moritz Bleibtreu, lui aussi acteur fidèle des films du réalisateur) vient lui demander son aide. Alors que Zinos réfléchit comment se débarasser de son bistrot pour rejoindre son amie en Chine, les plats insolites servis et la musique jouée attirent de plus en plus une clientèle branchée. Le "Soul Kitchen" n'a jamais connu un tel succès! C'est alors que les évènements se précipitent...

Le film a été primé au Festival du Film de Venise et est sorti en France en 2010 (sous le même nom).

"Gegen die Wand" (ou "Head-on" à l'international) est mon deuxième choix ! Il a remporté l'Ours d'or de la Berlinale en 2004 et le Prix du film allemand. Le film aborde la rencontre entre deux âmes turco-allemandes  au bord du gouffre.

Top 3: Malgré un écho plutôt critique (à l'international) lors de sa sortie en 2015, je suis ressortie sous le charme (ou plutôt le choc) de "The Cut", un drame historique qui se penche sur le génocide arménien de 1915. L'acteur principal, le Français Tahar Rahim, incarne un survivant qui tente de retrouver ses deux filles et se lance dans une quête éperdue de dix ans et trois continents. C'est la plus grande réalisation/production de Fatih Akin. Longue de 2h18, on retrouve ses acteurs "fétiches" et une marque de travail bien distincte, dans le choix des cadrages, des plans ou encore des dialogues.

Le film est également sorti en France (sous le même titre).

monhambourg, 10 janvier 2018

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