Mon Zero Waste hambourgeois

Cela fait déjà quelques mois que cet article me trotte dans la tête. Il ne rentre pas tout à fait dans la case Frankreich in Hamburg mais puisque le Zero Waste - ou Zéro Déchet en bon français - fait partie de mon quotidien hambourgeois, j'ai eu envie de partager ma démarche et quelques Tipps avec vous.

Mais qu'est-ce donc que le le Zéro Déchet? Même s'il n'a pas encore fait son entrée dans le Petit Larousse, il est dans toutes les bouches et occupe même les rayons de librairies. Loin d'être une tendance hipster éphémère, c'est un concept, un mode de vie qui vise à réduire notre surconsommation et notre impact écologique. Qualifier ce mouvement d'écologisme des temps modernes est un raccourci qu'il ne mérite pas, car il va bien plus loin; il nous oblige à réfléchir et à reposer certaines habitudes, même celles qui nous donnent le sentiment d'être des consommateurs responsables...


[KURZ GEFASST]

Seit ca. 3 Jahren befasse ich mich mit dem Thema "Zero Waste" und der Frage, wie ich meinen Konsum und die damit verbundenen ökologischen Auswirkungen verringern kann. Heute geht es mir vor allem darum, meine Gewohnheiten zu überdenken und schrittweise zu ändern: meinen café to go aus meinem persönlichen Becher zu trinken, verpackte Obst und Gemüse zu vermeiden, unverpackt einzukaufen, alle chemische Reinigungsmittel aus meinem Haus verschwinden zu lassen oder neutrale Kosmetikprodukte zu verwenden... dafür finde ich regelmäßig Inspiration in Büchern oder Blogs und beim Shopping in Hamburg (s. Liste hier unten). Wenn Sie weitere gute Tipps haben.... gerne hier unten in den Kommentaren angeben.


Le Zero Waste version germanique a fait irruption dans ma vie il y a presque trois ans. Jusque là, je me classais parmi les citoyens modèles du tri des déchets. En 20 ans d'Allemagne, j'avais eu le temps de maîtriser la science de la Mülltrennung et je n'hésitais pas à rappeler aux "mauvais élèves" autour de moi leurs obligations civiques... en clair, je consommais allègrement mais puisque je triais tout aussi allègrement, je ne pouvais qu'avoir bonne conscience...

Ma conviction a commencé par chanceler lorsque j'ai déménagé deux fois en deux ans et que je suis passée de la case maison à celle de l'appartement... Ebay Kleinanzeige, Oxfam, Stilbruch & les Flohmarkt m'ont bien aidée mais avais-je vraiment (eu) besoin de tout cela ? C'était aussi l'époque de la publication du livre de Béa Johnson, cette Française installée aux USA et qui est aujourd'hui considérée comme le "gourou" de la pensée Zéro Déchet. Elle décrit dans son ouvrage "comment j'ai réalisé 40 % d'économie en réduisant mes déchets à moins de 1 litre par an". Une lecture choc - même si je ne serai jamais aussi jusqu'au-boutiste qu'elle - qui m'a fait carrément réfléchir sur mes habitudes, ma fausse bonne conscience et qui m'a tout bonnement aidée à me débarrasser de ce qui encombrait inutilement mon espace de vie, au sens propre comme figuré - youpi, adieu les fantômes du passé!

Trois ans plus tard, je ne me suis transformée ni en réactionnaire du zéro déchet - quoique mes adolescents soient persuadés du contraire - ni en professionnelle du minimalisme alternatif mais j'ai pris l'habitude de réfléchir à mes habitudes de consommation et à leurs conséquences sur ma planète - et plus égoïstement sur ma santé - et de les intégrer, autant que possible, dans mon quotidien. Une démarche purement personnelle, dans la mesure de mes disponibilités en temps ou en argent et qui se traduit ainsi:

Le no go des boissons to go !

Depuis des années, j'avais pris l'habitude d'arriver le matin au bureau avec un café à la main. Le dit café acheté au café du coin dans un emballage qui prenait la direction de la poubelle dès qu'il était vide. En Allemagne, ce ne sont pas moins de 2,8 milliards de tasses jetables qui sont utilisées puis jetées chaque année, soit 320 000 à l'heure! Aujourd'hui, j'ai mon propre mug pour m'offrir un thé ou café en route et paye généralement quelques centimes de moins sur ma boisson. La plupart des chaînes de café hambourgeoises ont d'ailleurs franchi le pas et vendent des mugs réutilisables. Et si j'ai oublié mon mug, et bien, je retrouve une habitude toute française, celle de m'offrir 5 minutes avec moi même autour d'un espresso avant de commencer ma journée de travail...

A propos café! J'ai aussi dit adieu à ma belle machine Nespresso et ses capsules pour me remettre au slow café; ce sont plusieurs litres de déchets en moins par an et quelques dizaines d'euros d'économie. J'ai en cela rejoint la Ville de Hambourg (en savoir plus sur Le Monde) qui a banni depuis l'an dernier les capsules de café et les boissons en bouteilles plastiques au sein de ses administrations.

A propos Wasser ! Depuis 12 ans que je vis à Hambourg je ne bois que de l'eau du robinet. Hambourg dispose d'une eau de qualité (cliquer ICI pour en savoir plus) et je ne me vois vraiment pas transporter des caisses d'eau de bouteilles en verre ou plastique... Là encore, je me promène souvent avec ma jolie bouteille design en verre et avec Refill Hamburg, les Hambourgeois savent même où et comment remplir gratuitement leur bouteille d'eau du robinet.

Au diable emballages & plastique!

Une sacré bataille que cette thématique de l'emballage ou du sac en plastique et un véritable fléau dans le supermarché de base allemand. Et quelle hypocrisie d'emballer concombres, pommes ou tomates sous prétexte qu'ils sont bio ! Alors loin de moi l'envie d'applaudir le marketing à la Rewe qui proclame la disparition du sac en plastique aux caisses et qui parallèlement met allègrement ses fruits et légumes sous vide!

Aujourd'hui je fais mes courses avec mes propres sacs en tissu pour fruits et légumes et favorise les yaourts et le lait en bouteilles de verre (consignées bien sûr!). Je dédaigne pommes et poires estampillées de l'étiquette bio alors qu'elles nous viennent d'Amérique du Sud pour aller m'approvisionner dans le Altes Land (le plus grand verger d'Europe du Nord aux portes de Hambourg) ou bien je me fais livrer une Biokiste  chaque semaine à la maison (voir adresses en fin d'article). Il devient aussi plus facile d'acheter son alimentation en vrac, dans les supermarchés bio, dans les boutiques "unverpackt", dédiées au vrac - Stückgut à Ottensen, Ohne Gedöns à Volkdsdorf, Twelve Monkeys à St Pauli - ou encore dans certaines chaînes de magasins bio - par exemple Erdkorn. L'habitude se prend très vite d'arriver avec ses propres bocaux et de les remplir de céréales, graines, riz, pâtes ou même chocolat en fonction des besoins de la semaine ou du mois.

Le Zéro Déchet, cela a aussi voulu dire pour moi me débarrasser de toute la floppée de produits industriels censés faire briller mon intérieur... adieu détartrants, décapants, détergents, adoucissants symboles d'une industrialisation polluante et nocive et retour aux sources avec les bonnes recettes de grand-mère... passée la perplexité des premières utilisations, aujourd'hui, je jongle brillamment avec mes cinq produits magiques, le Natron (bicarbonate de soude), le Soda (carbonate de sodium ou percabonate de soude), le Essig ou vinaigre, le Zitronensäure (acide citrique ou citrate) et enfin la Kernseife ou savon (avec une petite touche frenchy: produit DIY avec du (vrai) savon de Marseille pour le linge et savon noir liquide Marius Fabre pour les sols). Outre un intérieur immaculé, j'évite aujourd'hui de m'empoisonner à petit feu et, petite cerise sur le gâteau, réalise quelques économies substantielles. Côté salle de bain, je passe lentement à la case naturelle (merci les brosses à dents Hydrophil, une marque hambourgeoise, et les produits Lamazuna, une marque française présente depuis peu sur le marché allemand) mais coquetterie oblige, je ne suis pas encore très conséquente quand à certaines grandes marques de luxe françaises que j'affectionne particulièrement...


Au final, mon Zéro Déchet à Hambourg, c'est une grande dose d'auto-réflexion sur mes habitudes de consommation, des changements progressifs qui s'intègrent dans un quotidien chargé - je confirme, le Zéro Déchet est aussi faisable avec un job de 40 heures, une famille à gérer et la rédaction d'articles sur un blog!-, de l'information que je glane ici et là et, depuis quelques mois, le plaisir de constater que je ne suis pas la seule à partager ce désir de changement; les langues se délient, le zéro déchet s'installe même dans les conversations de dîners entre amis et n'est plus considéré comme un héritage hippie qui ne doit en aucun cas sortir des quatre murs ! Ma démarche est purement personnelle mais comme le dit Colin Beavan, cet américain qui s'est frotté un an durant au "zero impact" dans sa vie new-yorkaise: "Le système doit certes changer, mais n'oublions pas que le système n'est qu'un groupe d'individus. [...] Cessons d'attendre que le système change."

 

monhambourg, 6 décembre 2017


Inspirations et adresses

 

Lectures

  • "Zéro Déchet" de Béa Johnson, Editions Les Arènes (en allemand: Glücklich leben ohne Müll)
  • "Famille Presque Zéro Déchet" de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret et la version pour les enfants "Les Zenfants Zéro Déchet" pour une approche ludique du Zéro Déchet
  • Fünf Hausmittel ersetzen eine Drogerie de smarticular.net (un guide pratique génial qui m'a aidée à maîtriser mes 5 produits magiques de base).

DVD

  • Film "Demain" (Tomorrow en version allemande), un documentaire qui nous offre des solutions pour changer nos modes de vie (pour en savoir plus, cliquer ICI)

Blogs / Web

Shopping hambourgeois

 Si vous avez de bonnes adresses hambourgeoises à partager, n'hésitez pas à les ajouter ci-dessous dans les commentaires.

 

Kommentare: 1
  • #1

    Devergne (Mittwoch, 06 Dezember 2017 23:43)

    Ja,es ist hochste Zeit !Der Naturschutz ist eine ERNSTE Sache! Danke fur deinen Beitrag!!! Gute Tips ...auch wenn man nicht in Hamburg lebt !