Lorsque Hambourg luttait contre le choléra...

Le Covid-19 fait aujourd'hui partie de notre quotidien, a bouleversé nos vies et  nous sommes pratiquement sans défenses devant ce virus, bien que - tout au moins dans notre Occident privilégié - nous bénéficions d'un système de santé performant, de recherches et technologies à la pointe et d'un niveau de connaissances sanitaires et médicales très élevé. Cela m'a fait penser à un chapitre peu glorieux du passé hambourgeois, avec là aussi, un "avant" et un "après" et surtout un niveau de connaissance et de prise en charge des malades sans comparaison avec 2020.

Imaginez-vous en 1892 à Hambourg...


KURZ GEFASST...

Covid-19 ist in unsere Leben eingedrungen und wir sind ihm praktisch schutzlos ausgeliefert, obwohl wir - zumindest in unserem privilegierten Westen - von einem effizienten Gesundheitssystem, Spitzenforschung und -technologie und einem sehr hohen Niveau an gesundheitlichem und medizinischem Wissenstand profitieren dürfen.

Ich habe mich dabei an ein Kapitel in der Hamburger Gesundheitsgeschichte erinnert, das mich sehr berührt hatte: die Cholera-Epidemie von 1892 und wie sie die Stadt und ihre Einwohner maßgeblich veränderte. 

Ich habe sie in diesem Text kurz gefasst und dabei auch die positiven Auswirkungen dargestellt.
Weitere deutschsprachige Informationen findet Ihr HIER


 

La ville est en plein boom, attire un grand nombre de nouveaux habitants et le port ne cesse de croître, en volume d'affaires et de superficie. Le revers de la médaille, ce sont ces quartiers et logements miséreux et des conditions d'hygiène catastrophiques. L'eau qui coule des robinets (enfin, pour ceux qui en ont) et qui est utilisée par les foyers vient directement de l'Elbe, n'est pas filtrée et fait le bonheur des bactéries pendant l'été. Tandis que la ville voisine d'Altona (prussienne) est déjà passée à l'étape suivante, de passage de l'eau par des filtres de sable lents avant d'être distribuée, Hambourg est très mal préparée à la catastrophe qui s'abat soudainement sur elle: les Hambourgeois souffrent en grand nombre de gastro-entérite et de déshydratation très sévère et le nombre de décès explose en quelques jours... les Hambourgeois sont pris de panique, certains tentent de fuir la ville en train, d'autres se réfugient dans les églises ou choisissent de s'enivrer, avec de l'alcool à fort pourcentage et en grande quantité. Sans oublier le prix des solutions désinfectantes qui explose (tiens, un sentiment de déjà vu 😉). Un pathologiste de l'Hôpital de Eppendorf décèle une bactérie (le choléra) responsable de ces décès dans des tests bactériologiques, le signale aux autorités mais celles-ci ne réagissent pas. Il faut dire qu'à cette époque la théorie des miasmes est encore très courante et beaucoup de médecins croient dur comme fer que ce sont des vapeurs ou brouillards toxiques remplis de particules issues de la matière décomposée (les miasmata) qui causent ce genre de maladies.



Ce n'est que le 24 août 1892, soit 9 jours après le premier décès, que les autorités parlent officiellement d'épidémie de choléra. La ville n'ayant pas les moyens de lutter seule contre l'épidémie, ce sont alors les services sanitaires de l'Empire qui prennent les choses en main. Robert Koch, le célèbre bactériologiste berlinois, est envoyé sur le terrain. 
Hambourg est complètement dépassé: des baraques accueillant les malades sont construites à la hâte, de l'eau bouillie est distribuée aux habitants à l'aide de grandes barriques installées sur des carrioles traînées par des chevaux et les partenaires commerciaux de Hambourg mettent navires et équipages en quarantaine. Au sommet de l'épidémie, la ville compte 500 décès par jour. Les morts sont enterrés à la hâte dans des fosses communes dans le cimetière de Ohlsdorf. L'épidémie continuera de faire des victimes jusqu'en novembre 1892. Elle aura fait 16900 malades et surtout 8600 victimes.
L' APRÈS, c'est pour Hambourg la prise de conscience de l'urgence de moderniser son système de distribution des eaux! Un an plus tard, le premier Wasserwerk ou centre de distribution de l'eau est inauguré et la pureté de l'eau est contrôlée de très près par le tout nouveau Hygiene Institut (aujourd'hui Institut für Hygiene und Umwelt).

Pour se souvenir et conserver la mémoire de cette épidémie, une fontaine, le HYGIEIA-BRUNNEN, a été érigée 

dans la cour intérieure de l'hôtel de ville. Elle a été construite par le sculpteur munichois  Joseph von Kramer qui avait à l'origine pour feuille de route de construire une fontaine à la gloire du commerce maritime de la ville portuaire de Hambourg, avec le dieu du commerce, Mercure, comme figure centrale. Peu après l'épidémie, les représentants politiques hambourgeois firent le choix de placer au sommet  Hygieia, la déesse grecque de la santé et symbole de l'hygiène. Ce qui explique pourquoi, si vous admirez de près la fontaine, vous voyez des personnages avec bateau, poisson ou encore coquillage à la main !


 

 

Pour en savoir plus sur le développement de la distribution d'eau dan notre métropole, j'avais écris, il y a quelques années, un billet sur "Du Hummel Hummel à l'eau du robinet". C'est le moment de le lire ou relire ☺️.
Je vous conseille aussi de faire un tour au Wasserkunst Elbinsel Kaltenhofe: un musée et des bassins d'eaux très intéressants à découvrir et une destination très sympa pour se balader ensuite le long du Deich (digue) et d'un bras de l'Elbe (Nordelbe). 


 

 

Et si vous ne connaissez pas encore tout sur l'Hôtel de Ville, notre Hamburger Rathaus, voici un billet qui lui est entière consacré:
Les dix choses à savoir sur le Rathaus

monhambourg, 17 mai 2020

Kommentare: 1
  • #1

    3 kleine grenouilles (Sonntag, 17 Mai 2020 22:12)

    Merci pour cet article passionnant ! Je savais qu'il y avait eu une épidémie de choléra à la fin du XIXe siècle à Hambourg mais mes connaissances n'allaient pas plus loin. Le bilan de cette épidémie est effrayant.